Le nœud de Bowen (nœud de l’amour) : histoire et symbolique

Regardez bien ce tracé. Une seule ligne, sans début ni fin, qui se replie quatre fois sur elle-même et revient à son point de départ. On l’appelle le nœud de Bowen, ou nœud de l’amour. Je vais vous le défaire, boucle après boucle, pour que vous compreniez pourquoi il tient depuis quinze siècles.

Étape 1 — Le nœud qui n’est pas un nœud

Premier secret : le nœud de Bowen ne se noue pas. C’est une figure, pas une corde. Une boucle fermée dessinant un carré dont chaque angle s’échappe en une anse. Aucune extrémité, aucun point de rupture. Il appartient à la famille des « nœuds héraldiques », ces motifs que les blasons européens affichaient pour dire une fidélité, une alliance, une lignée. Il doit son nom à James Bowen, une famille galloise qui l’arbora sur ses armes.

Mais l’héraldique n’a fait que recueillir un signe bien plus ancien.

Étape 2 — Aux sources du Nord

Remontons plus haut, vers la Baltique. Sur l’île de Gotland, en Suède, une pierre gravée du Ve siècle porte déjà ce carré aux quatre boucles. Les Scandinaves le nomment Sankt Hans kors, la croix de saint Jean, et le peignent sur les maisons, les coffres, les outils, pour protéger et pour lier.

Il n’a jamais disparu. En Suède, en Finlande, en Estonie, il signale encore aujourd’hui les lieux de patrimoine sur les panneaux routiers. Et depuis 1984, il vit sous vos doigts : c’est la touche Commande du clavier Apple. Un symbole de l’âge du fer dans votre poche. Voilà ce que j’appelle un passeur.

Étape 3 — Ce que dit la ligne sans fin

Pourquoi « nœud de l’amour » ? Parce que ce tracé raconte, sans un mot, ce que sont deux êtres liés.

Une ligne unique : deux chemins qui n’en font plus qu’un. Aucune extrémité : ce qui est lié ne se défait pas. Quatre boucles : les quatre directions, les quatre saisons, les quatre âges d’une vie traversés ensemble.

Carl Gustav Jung voyait dans le chiffre quatre, la quaternité, l’image même de la totalité : ce qui est complet, achevé, en équilibre. Le nœud de Bowen est un mandala discret, une totalité tenue dans un carré.

Étape 4 — Le porter, l’offrir

Comprenez maintenant pourquoi ce signe traverse les vitrines de Human Meson. On l’offre pour des fiançailles, un mariage, une amitié qui a résisté au temps. On le porte pour se souvenir que l’on est relié, à quelqu’un, à une lignée, à soi-même.

Les anciens le gravaient sur les pierres pour qu’il dure. Vous le porterez sur vous pour la même raison.

Une seule ligne. Quatre boucles. Aucune fin. Le nœud est fait ; à vous de choisir avec qui vous le nouez.

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